Thierry Birrer - Photoreporter
Je raconte la vie avec des mots et des photos
----- Politique et engagement citoyen en Ukraine -----
Texte et photographies de Thierry BIRRER
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La guerre est-elle l’affaire des civils ou l’affaire de l’État ? Voilà une question légitime quand on étudie la résistance de l’Ukraine qui entame dans une semaine sa cinquième année de guerre.


20 Février 2026.

A la mi-mars 2022, dans la région de Lviv, des Ukrainiens, sans armes, contrôlent toute personne qui se présente à l'entrée de leur village. Ils sont alors à plus de 350 kilomètres de tout soldat russe. © Thierry Birrer.

 

« La guerre ! C'est une chose trop grave pour la confier à des militaires », une phrase que Georges Clemenceau aurait prononcée en 1887, bien avant la guerre de 1914-18, période où cette citation lui est souvent attachée. Alors député sur le banc des républicains radicaux, Clémenceau soutient depuis janvier 1886 le général Boulanger, ministre de la Guerre, le voyant comme un rempart pour une république radicale. Mais Boulanger, partisan de la revanche sur l'Allemagne, fâche Clémenceau qui le lâche. C’est à cette occasion que celui qui prendra bien plus tard le portefeuille de la Guerre dans le gouvernement de novembre 1917 aurait prononcé cette phrase. Pourtant, n’est-ce pas le politique qui dirige le militaire ? Dans une tribune publiée par Le Monde le 9 octobre 2013, le journaliste Michel Lefebvre écrit que « Si on réfléchit à cette phrase à l'aune du siècle passé, depuis 1914, on peut même dire que la guerre est une chose tellement grave qu'elle en est devenue surtout, au fil des ans, l'affaire des civils. » L’affaire des civils ? C’est exactement ce que l’on note aujourd’hui en Ukraine. 

Lors d’une conférence "Politique et engagement citoyen en Ukraine" organisée à Lille début février 2026 par Citéphilo dans le cadre de la saison nationale Le Voyage en Ukraine, Ivan Homza, docteur en sciences politiques, spécialiste des sciences sociales, qui travaille à la Kyiv School of Economics sur les thèmes de la démocratie, de l’autoritarisme, des effets de la guerre et des idéologies, explique qu’en Ukraine « la société civile citoyenne est en général contre l’État » mais qu’elle peut « s’il le faut, unir ses efforts avec l’État quand la vie privée domine ses actions ». Ce que le spécialiste en sciences sociales appelle « privatisation » de la vie citoyenne. Cette relation entre l’État et le citoyen qu’Ivan Homza nomme « le lien faible » est en fait « l’architecture qui a permis à la société ukrainienne de résister ».  

Une position qu’adopte Anna Colin-Lebedev, sociologue et politologue, spécialiste des sociétés post-soviétiques : « Ces liens faibles sont au centre de la société ukrainienne ». Ils expliquent la capacité de résistance du pays. Si l’on pointe souvent le faible taux de tissu associatif ukrainien en l’associant à l’idée de la dégradation des forces armées et d’un État qui ne sait pas faire face à l’annexion de la Crimée ou des troubles civils dans le Donbass, on en a (trop) vite déduit que l’envahisseur russe déferlerait sur le pays. Au Kremlin, on avait en février 2022 cette même lecture. Mais tous ces observateurs extérieurs, qu’ils soient européens ou russes, ont lu de travers. Ce qui pouvait apparaître comme une faiblesse – une société civile peu organisée en associations et ONG comme peut l’être par exemple la France – a été une force. « C’est un paradoxe, explique Anna Colin-Lebedev, mais en réalité tous les Ukrainiens ont pensé que si l’État et l’armée ne savent pas faire face, alors c’est à eux d’agir ». Ils ont donc agi. Cette action est palpable dans les premières semaines de guerre quand, dès les premières heures de l’invasion, aux quatre coins du pays, chaque village s’est retrouvé doté de checkpoints, parfois élevés de bric et de broc, tenus par des civils prêts à mourir afin de résister à l’envahisseur. Un peu comme si en France en 1940, chaque village français s’était préparé à bloquer l’envahisseur allemand de toutes les façons possibles. 

 

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Ivan Homza au Théâtre du Nord à Lille le 7 février 2026 dans le cadre de la saison nationale Le Voyage en Ukraine. © Thierry Birrer.

La politologue ukrainienne soulève qu’en France, chaque citoyen va attendre que l’État et l’armée défende le pays. C’est une force, « Mais également une faiblesse à laquelle il faut réfléchir » glisse-t-elle malicieusement. En Ukraine, d’ailleurs dès l’annexion de la Crimée et la guerre dans le Donbass au printemps 2014, « les individus sont allés chercher eux-mêmes où était leur place dans la défense du pays. Cette capacité à s’organiser est une des explications de la résistance ukrainienne. » Un point de vue approuvé par Ivan Homza qui précise « la société civile a toujours poussé les modifications, surtout dans le monde de la police et pour les questions relatives à la corruption. »

Aujourd’hui, les trois quarts de l’armée ukrainienne sont des civils. En conséquence, ils gardent les méthodes et les savoir-faire de la société civile. « C’est une armée très hybride » indique Anna Colin-Lebedev. Sur le terrain, c’est vraiment perceptible. Chaque brigade adopte une ligne qui peut être très différente de sa voisine. J’ai pu le vérifier sur le terrain à Nikopol. A chaque tentative d’entrée par l’est de la ville de 2022 à 2025, en venant de Zaporijia, je me suis heurté à un mur : « Non, vous ne passez pas, même accompagné d’un officier de presse, c’est trop dangereux ! » quand ce n'était pas « Vous n'avez rien à voir ici, allez avec vos collègues de CNN à Kherson ! ». En venant par l’ouest, donc relevant d’un autre commandement, non seulement la porte du checkpoint me fut toujours grande ouverte mais les militaires, majoritairement des civils ayant rejoint le front depuis 2023, me poussaient à y aller – sans officier de presse – « car il y a nécessité à documenter la vie de long de la ligne de front et l’enfer dans la ville », un enfer peu imaginable quand on ne s'y est pas plongé puisque, pour la seule journée du 17 février 2026, 14 frappes de drones ont systématiquement entraîné des destructions et trois civils blessés dont un gravement. Mais de ce traitement différencié d’une même situation découle une question analytique : cette hybridation affaiblit-elle la chaîne de commandement et, en conséquence, la force de l’armée ukrainienne ?

Ces hommes et femmes intégrés dans l’armée y apportent en permanence leurs façons d’être dans la vie civile. Dans certaines brigades, des soldats issus du monde de la communication ont ainsi imaginé des affichages 4x3 mètres au bord des routes afin de faire appel aux dons pour financer des équipements spécifiques, des drones d’observation par exemple. Une situation inimaginable – et impossible – dans l’armée française.

 

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Après être venus vérifier que je ne représentais pas un danger, ces hommes - qui m'ont interdit de les photographier - sont retournés à leur checkpoint. Tous deux sont vêtus de leur vêtements de chasseurs, des habits achetés dans une friperie de vêtements de l'armée US. Leur installation en travers de la route a été élevée avec le tractopelle d'un troisième agriculteur. © Thierry Birrer.

Dans son étude de la première année de guerre, le mouvement syndicaliste ukrainien Sotsialnyi Rukh (positionné à gauche, fondé en 2015) écrit en janvier 2023 que « La société civile a été contrainte de remplir le rôle de l’État et, au lieu d’attendre une assistance plus spécifique, d’assumer presque toutes ses fonctions sociales. ». Dans le préambule de sa longue étude, le mouvement précise que « la guerre a conduit à de nouvelles formes d’auto-organisation et de politique populaire. La guerre a radicalement changé la vie sociale et politique en Ukraine et nous ne devons pas permettre la destruction de ces nouvelles formes d’organisation sociale mais les développer. »

Celles et ceux qui ne s’engagent pas directement dans l’armée ne sont donc pas en reste. Dès les premiers jours de l’invasion à grande échelle, Olga et Yulyia, venues du monde des arts, ont spontanément ouvert un lieu pour proposer des services essentiels aux militaires qui montaient à l’assaut des troupes russes qui venaient de passer le Dniepr au sud de leur ville. Quand bien même les troupes russes se sont approchées à dix kilomètres à peine à vol d’oiseau de leur ville, Apostolove, elles n’ont cessé de développer leur « buanderie » avec des machines à laver, un salon de massage, un atelier de couture, un coiffeur, des boissons. Puis au fil des mois, accompagnée d’une dizaine de femmes de la ville, ce sont des milliers de soupes sèches qui sont produites chaque semaine, ainsi que des repas offerts. Jusqu’à pouvoir alimenter une unité de 3000 hommes six mois durant. En 2024, la réalisation d’équipements spécifiques pour les militaires est réalisée par ces bénévoles qui se financent par des appels participatifs sur tous les réseaux existants, Telegram, Instagram et Facebook. En quatre années de guerre, Olga a ainsi publié plus de 15000 fois sur sa page Instagram et a collecté des dizaines de milliers d’euros. Des sommes qui servent à financer depuis 2025 des équipements militaires via des imprimantes 3D, développant même des idées particulières, telles des pièces qu’Olga a appris à dessiner et à fabriquer, évitant d’avoir à les acheter à Hong-Kong ou auprès de fournisseurs coréens. Depuis fin 2024, un équipement à usage militaire a été conçu : un détecteur de drone portatif pour chaque soldat. Offert aux militaires puisque de l’argent venu d’Ukraine, de Pologne, d’Allemagne ou d’ailleurs a permis leur développement, leur fabrication et leur montage. Il est fréquent que Nova Poshta offre ses frais de livraison pour soutenir la petite équipe d’Olga et Yulyia. A Kyiv, un engagement citoyen similaire permet d’opérer des surveillances nocturnes contre les frappes de drones avec des citoyens qui, à la fin de leur journée de travail dans un bureau ou un commerce, se retrouvent chaque nuit dans la campagne aux alentours de la capitale pour surveiller le ciel nocturne et intervenir avec une… mitrailleuse Maxim russe PM1910, modèle 1944, d’un poids de 70 kilos qu'un bénévole, soudeur de métier, a su installer sur un pick-up Toyota fourni par un autre bénévole. Quand on vient de France, il est étonnant de constater que certains engagements citoyens, non structurés ni durablement financés – tel celui d’Apostolove – puissent ainsi subvenir à des besoins essentiels à des militaires ou à la protection des populations – tel l’exemple de cette défense anti-aérienne. « L’engagement civil n’aura qu’un temps, il faut que l’État prenne la suite » pointe Anna Colin-Lebedev. Qui reconnaît cependant que c’est « cette maturité démocratique qui permet de faire la part des choses, entre une liste longue comme le bras de reproches envers ceux qui dirigent le pays et la volonté de faire corps avec le président Zelensky qui défend l’âme du pays. »

L’après-guerre est déjà dans les réflexions de la politologue qui explique : « Il faudra être vigilant sur l’après-guerre quand les fragilités et les faiblesses vont se révéler. Si un traité est signé, le risque est fort que les politiques et les médias ne soient plus là, qu’ils passent à autre chose. Le risque dépendra des douleurs qui résulteront de ce traité. Une question centrale va apparaître : "Où étais-tu en 2022 ?". Cela va entraîner des tensions. »

 

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A Apostolove, Olga teste en janvier 2025 le détecteur qu'elle a conçu. Elle a enfilé plusieurs vêtements car « il faut tenir compte de l'habillement spécifique des soldats » explique-t-elle. © Thierry Birrer.

 

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Chacune des pièces de ce détecteur de drone portatif qui est en cours de séchage après son passage en peinture, a été réalisée début 2025 dans quelques mètres carrés par trois bénévoles, du tracé informatique des pièces imprimées en 3D à la taille et la couture des sangles. © Thierry Birrer.

Tous ceux qui étudient la société civile ukrainienne n’ont cependant pas la même lecture. Ainsi dans une étude « Quelle stratégie pour l’aide civile en Ukraine ? » publiée en juin 2022, trois chercheurs de l'IFRI, l’Institut français des relations internationales, Marie Courraud, Gilles Dorronsoro et Arthur Quesnay écrivent que « Bien qu’essentiels à la résilience de la société et à la logistique du front, les bénévoles sont aujourd’hui épuisés. Une des mesures à envisager serait de salarier les permanents de ces associations. ». Sur le terrain, que ce soient les bénévoles de la buanderie d’Apostolove ou ceux de Repair Together engagés dans la reconstruction de centres culturels et de maisons ou d’autres bénévoles engagés dans des reconstructions dans la zone d’Izium, j’ai constaté que si les bénévoles étaient fatigués – voire très fatigués –, ils ne se sont jamais déclarés épuisés. Pourtant, ils ont vraiment de quoi baisser les bras, notamment quand l’équipe de Repair Together perd 90% de ses financements après la décision du président Trump de stopper les financements d’USAID début 2025. L’équipe écrit alors le 12 février sur son compte Instagram « Suivant toutes les lois de la logique et toutes les règles de gestion, nous devions fermer. Mais nous sommes toujours là. Nous sommes devenus plus résilients et confiants. (…) Nous avons réussi à préparer avec confiance des plans pour 2025. (…) Nous savons avec certitude qu’il y a un moyen de sortir d’une telle épreuve. » Fin 2025, l’équipe de Repair Together a nettoyé les ruines de plus de 180 maisons dans la région de Chernihiv, en a construit 9 en partant de zéro et 7 autres sont en cours. En s’attaquant au problème du logement individuel privé détruit, les bénévoles ont identifié un autre problème provoqué par la guerre : la destruction des espaces publics, des espaces qu’ils jugent « nécessaires à une vie décente des habitants ». A l’automne 2025, ils ont reconstruit un ancien dispensaire bombardé en le reconvertissant en espace jeunesse dans le village d'Anisov, une bourgade de 1400 habitants dans la région de Chernihiv. Ils récidivent à Lukasivka, 300 habitants seulement, en transformant un espace détruit en un bâtiment multifonctionnel avec un espace pour les jeunes, un centre médical, un bureau de poste et d’autres services pour les habitants de ce village. Si dans les grandes villes, la restauration des infrastructures générales va très vite du fait d’une action étatique ou de financements internationaux – l’hôtel 4 étoiles Alarus d’Odessa sérieusement endommagé par un drone Geran-2 le 29 janvier 2026 devrait rouvrir fin avril –, le soutien public ou international est absent dans les campagnes ou les petites localités. Parce que, regrette Repair Together en septembre 2025, « les donateurs préfèrent les communautés où le nombre de bénéficiaires est plus élevé. S’il y a le choix entre la restauration d’un centre médical dans un village de 1500 habitants et un autre dans un village de 300 habitants, il est logique que les ressources aillent à un village plus grand. » Peu ou pas de moyens mais une abnégation inversement proportionnelle et un génie de la débrouille font que l’équipe est toujours bien présente. Présente et très professionnelle. Ainsi pour que le bâtiment multifonctionnel de Lukasivka soit au plus près des besoins des habitants, Repair Together a fait appel à une experte en pratiques participatives de développement architectural, Ulyana Dzhurlyak. Elle détaille sa présence : « Mon rôle est de veiller à ce que toute transformation architecturale ou spatiale commence par l’identification et le renforcement de la communauté locale. C’est à cette communauté qu’il revient de confirmer et d’adapter les hypothèses concernant les besoins en espace public afin que les changements deviennent véritablement nécessaires et viables. » Une méthodologie également développée par Olga Gonetskaya à Apostolove où avant d’être distribuée à grande échelle aux militaires, la pièce imprimée en 3D, tel un support de batterie supplémentaire pour accroître l’autonomie d’un drone de surveillance, est réalisée en compagnie des soldats mais en l’absence de tout commandement et bien sûr de toute commande officielle. Qu’ils soient à Chernihiv ou à Apostolove, tous ces bénévoles réalisent des choses aussi variées que des bâtiments publics ou des pièces utilisées en opérations militaires en dehors de toute supervision de l’État. Aucun n’en retire le moindre gain financier ; bien sûr ils ne sont cependant toujours pas salariés. Par qui pourraient-ils l’être puisqu’ils ne sont pas organisés en association ? Ce sont pourtant tous ces engagements individuels qui structurent une épine dorsale qui permet à l’Ukraine de continuer à résister, « une carcasse particulièrement solide » pour reprendre les mots d’Ivan Homza. Cela montre également que la détermination et l’engagement peuvent durer très longtemps quand on sait pourquoi on résiste.

 

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Dans la région d'Ivano-Frankvisk en mars 2022, un panneau appelle les habitants à résister, y compris au moyen de cocktails Molotov. Des ateliers sont organisés à travers toute l'Ukraine, souvent animés par des anciens de la guerre en Afghanistan pour apprendre à chacun à confectionner son propre cocktail. Sur cette affiche, au langage cru, les Russes sont priés d'aller se faire voir. © Thierry Birrer.

En attendant, dans ce pays en guerre, le moral de l'arrière compte autant que celui du front. Aujourd’hui, à Kyiv comme à Apostolove, on continue, malgré le douloureux hiver actuel, de vivre et de penser que le meilleur est à venir. Pourtant, en menant cette agression, la Russie a effacé toute mémoire apaisée de l’époque soviétique. Ce qui hypothèque pour des décennies un avenir calme entre les deux pays. « Tout n’est relu aujourd’hui qu’au regard des agressions de 2014 et 2022 » indique Anna Colin-Lebedev qui conclut : « Dans les années post-soviétiques [après l’indépendance NDR], si cela n’allait pas on contournait. Ce ne sera plus le cas demain. Les exigences n’ont pas baissé du fait de la guerre. »

Ce que révèle cette guerre dépasse le seul cas ukrainien. Du comportement de la société civile pourrait découler une théorie politique : en France, l'État est fort alors les citoyens délèguent ; en Russie, il est autoritaire alors les citoyens subissent ; en Ukraine, il est fragile alors les citoyens complètent. Ils ont tenu des checkpoints, financé des drones, reconstruit des maisons, inventé des solutions là où l’administration manquait. Cependant la vraie question qui se lève est de savoir ce qu’il adviendra, une fois la paix revenue, de cette énergie citoyenne ukrainienne. Sera-t-elle institutionnalisée ? Marginalisée ? Ou entrera-t-elle en conflit avec l’État qu’elle a contribué à sauver ? Aujourd’hui, l’Ukraine ne se bat pas seulement pour son territoire. Elle est en train de redéfinir le rapport entre citoyens et pouvoir. Est-ce là aussi que se joue son avenir ?


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Pour poursuivre la réflexion, trois ouvrages d'Anna Colin-Lebedev :

Ukraine. La force des faibles aux Editions du Seuil paru en 06/2025, 60 pages, 5,50€
Jamais frères ? : Ukraine et Russie : une tragédie post-soviétique aux Editions du Seuil paru en 09/2022, 224 pages, 19€
Le cœur politique des mères - Analyse du mouvement des mères de soldats en Russie  aux Editions de l'EHESS paru en 10/2013, 248 pages, 20€


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(...)

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